Calcul de la Vitesse et du Couple d’un Moteur
Contexte : Le moteur asynchrone, cœur de l'industrie.
Le moteur asynchrone triphasé est le moteur électrique le plus utilisé dans le monde industriel pour sa robustesse, sa simplicité et son faible coût. Comprendre ses caractéristiques de fonctionnement, comme sa vitesse de rotation et le couple qu'il peut fournir, est essentiel pour tout électrotechnicien. Ces paramètres déterminent la capacité du moteur à entraîner une charge (pompe, ventilateur, tapis roulant...) et à fonctionner de manière optimale. Cet exercice vous guidera à travers le calcul des grandeurs fondamentales d'un moteur asynchrone à partir de sa plaque signalétique.
Remarque Pédagogique : Cet exercice est une application directe des lois fondamentales de l'électromagnétisme et des machines tournantes. Nous allons utiliser des données de la plaque signalétique (tension, fréquence, pôles) pour déterminer des grandeurs de fonctionnement (vitesses, couple, puissance). C'est la démarche de base pour sélectionner et vérifier un moteur pour une application donnée.
Objectifs Pédagogiques
- Calculer la vitesse de synchronisme d'un moteur asynchrone.
- Déterminer le glissement et la vitesse de rotation réelle du rotor.
- Calculer le couple électromagnétique et le couple utile du moteur.
- Évaluer la puissance utile et le rendement global de la machine.
- Se familiariser avec les unités en électrotechnique (tr/min, rad/s, N·m, W, %).
Données de l'étude
Schéma de principe d'un Moteur Asynchrone Triphasé
Paramètre | Symbole | Valeur | Unité |
---|---|---|---|
Tension d'alimentation (entre phases) | \(U_{\text{n}}\) | 400 | \(\text{V}\) |
Fréquence du réseau | \(f\) | 50 | \(\text{Hz}\) |
Nombre de paires de pôles | \(p\) | 2 | - |
Puissance Utile Nominale | \(P_{\text{u}}\) | 4 | \(\text{kW}\) |
Vitesse de rotation nominale | \(N_{\text{n}}\) | 1440 | \(\text{tr/min}\) |
Pertes collectives (fer + méca) | \(P_{\text{c}}\) | 200 | \(\text{W}\) |
Questions à traiter
- Calculer la vitesse de synchronisme \(N_{\text{s}}\) en tr/min, puis le glissement nominal \(g_{\text{n}}\).
- Calculer la puissance transmise au rotor \(P_{\text{tr}}\) et les pertes par effet Joule au rotor \(P_{\text{JR}}\).
- Déterminer le couple électromagnétique \(T_{\text{em}}\) et le couple utile nominal \(T_{\text{u}}\).
- Calculer la puissance absorbée \(P_{\text{a}}\) et le rendement nominal \(\eta_{\text{n}}\) du moteur, sachant que les pertes Joule statoriques \(P_{\text{JS}}\) sont de 250 W.
Les bases des Machines Asynchrones
Avant de plonger dans la correction, revoyons quelques concepts clés.
1. La Vitesse de Synchronisme :
Le stator, alimenté en triphasé, crée un champ magnétique tournant. La vitesse de ce champ est appelée "vitesse de synchronisme" (\(N_{\text{s}}\)). Elle est imposée par la fréquence (\(f\)) du réseau et le nombre de paires de pôles (\(p\)) du moteur. Elle ne dépend pas de la charge.
\[ N_{\text{s}} \, (\text{tr/min}) = \frac{60 \cdot f}{p} \]
2. Le Glissement :
Le rotor d'un moteur asynchrone tourne forcément MOINS VITE que le champ magnétique pour pouvoir fonctionner (d'où le nom "asynchrone"). Cette différence de vitesse relative, appelée glissementLe glissement (g) est la différence de vitesse relative entre le champ statorique et le rotor. C'est ce qui permet l'induction des courants dans le rotor et donc la création du couple moteur. g = (Ns - Nr) / Ns. (\(g\)), est ce qui induit les courants dans le rotor et crée le couple.
\[ g = \frac{N_{\text{s}} - N_{\text{r}}}{N_{\text{s}}} \]
Où \(N_{\text{r}}\) est la vitesse réelle du rotor. Le glissement est un nombre sans unité, souvent exprimé en %.
3. Le Bilan de Puissances :
La puissance se transmet en cascade dans le moteur, avec des pertes à chaque étape :
\(P_{\text{a}}\) (absorbée) \(\rightarrow\) Pertes Joule Stator & Pertes Fer \(\rightarrow\) \(P_{\text{tr}}\) (transmise au rotor) \(\rightarrow\) Pertes Joule Rotor \(\rightarrow\) \(P_{\text{em}}\) (électromagnétique) \(\rightarrow\) Pertes Mécaniques \(\rightarrow\) \(P_{\text{u}}\) (utile sur l'arbre).
Une relation clé lie le glissement aux puissances rotoriques : \(P_{\text{JR}} = g \cdot P_{\text{tr}}\).
Correction :Calcul de la Vitesse et du Couple d’un Moteur
Question 1 : Vitesse de synchronisme et glissement
Principe (le concept physique)
La vitesse de synchronisme est la "vitesse théorique" du moteur, celle du champ magnétique créé par le stator. Le glissement est la mesure de "l'écart" entre cette vitesse théorique et la vitesse réelle de l'arbre. Sans glissement, il n'y a pas de variation de flux vue par le rotor, donc pas de courants induits et pas de couple. Le glissement est donc indispensable au fonctionnement.
Mini-Cours (approfondissement théorique)
Le champ tournant est créé par la superposition de trois champs magnétiques alternatifs, déphasés de 120° dans l'espace et dans le temps. Leur somme vectorielle est un vecteur tournant à une vitesse constante \(\Omega_{\text{s}} = 2\pi f/p\), créant une onde de flux magnétique qui entraîne le rotor.
Remarque Pédagogique (le conseil du professeur)
Imaginez que vous faites tourner une carotte au bout d'une ficelle pour attirer un âne. La carotte tourne à la vitesse de synchronisme \(N_{\text{s}}\). L'âne, qui représente le rotor, va la suivre, mais il ne pourra jamais l'attraper. Il courra toujours un peu moins vite, à une vitesse \(N_{\text{n}}\). Cet écart, c'est le glissement !
Normes (la référence réglementaire)
La norme internationale IEC 60034-1 définit les caractéristiques assignées et de fonctionnement des machines électriques tournantes. Elle standardise la manière dont les informations, comme la vitesse nominale, sont indiquées sur les plaques signalétiques.
Formule(s) (l'outil mathématique)
Vitesse de synchronisme (en tours par minute) :
Glissement nominal (sans unité) :
Hypothèses (le cadre du calcul)
On suppose que le réseau d'alimentation est stable et délivre une fréquence constante de 50 Hz. On considère les valeurs de la plaque signalétique comme exactes pour le point de fonctionnement nominal.
Donnée(s) (les chiffres d'entrée)
- Fréquence, \(f = 50 \, \text{Hz}\)
- Nombre de paires de pôles, \(p = 2\)
- Vitesse nominale, \(N_{\text{n}} = 1440 \, \text{tr/min}\)
Astuces(Pour aller plus vite)
Pour un réseau 50 Hz, les vitesses de synchronisme sont des valeurs faciles à mémoriser : 3000 tr/min pour p=1 (2 pôles), 1500 tr/min pour p=2 (4 pôles), 1000 tr/min pour p=3 (6 pôles), etc. La vitesse nominale sur la plaque est toujours légèrement inférieure à l'une de ces valeurs.
Schéma (Avant les calculs)
Vitesse du Champ Statorique vs Vitesse du Rotor
Calcul(s) (l'application numérique)
1. Calcul de la vitesse de synchronisme :
2. Calcul du glissement nominal :
Le glissement nominal est donc de 4%.
Schéma (Après les calculs)
Vitesses et Glissement Calculés
Réflexions (l'interprétation du résultat)
Une vitesse de synchronisme de 1500 tr/min est typique pour un moteur 4 pôles (2 paires) sur un réseau 50 Hz. Un glissement de 4% à charge nominale est également une valeur très courante pour ce type de moteur, indiquant qu'il fonctionne près de sa vitesse synchrone, ce qui est un signe de bon rendement.
Points de vigilance (les erreurs à éviter)
L'erreur la plus fréquente est de confondre le nombre de pôles (2p) et le nombre de paires de pôles (p). La formule utilise \(p\). Un moteur "4 pôles" a donc \(p=2\). Utiliser 4 dans la formule donnerait une vitesse erronée de 750 tr/min.
Points à retenir (permettre a l'apprenant de maitriser la question)
- La vitesse de synchronisme ne dépend que de la fréquence et du nombre de paires de pôles.
- Le glissement est la différence relative de vitesse entre le champ et le rotor.
- Le glissement augmente avec la charge sur le moteur.
Le saviez-vous ? (la culture de l'ingénieur)
Dans les TGV, les moteurs asynchrones sont alimentés par des onduleurs qui font varier la fréquence de 0 à plus de 200 Hz, permettant de contrôler la vitesse du train de l'arrêt complet jusqu'à plus de 320 km/h.
FAQ (pour lever les doutes)
Résultat Final (la conclusion chiffrée)
A vous de jouer(pour verifier la comprehension de l'etudiant parrapport a la question)
Si le moteur avait 3 paires de pôles (p=3), quelle serait sa vitesse de synchronisme en tr/min ?
Question 2 : Puissance transmise et pertes Joule rotor
Principe (le concept physique)
La puissance transmise au rotor (\(P_{\text{tr}}\)) est la puissance qui traverse "l'entrefer" (l'espace entre stator et rotor) pour être convertie en puissance mécanique. Une partie de cette puissance est inévitablement perdue sous forme de chaleur dans les barres du rotor (les pertes Joule rotoriques, \(P_{\text{JR}}\)). La relation entre ces deux puissances est directement et uniquement gouvernée par le glissement.
Mini-Cours (approfondissement théorique)
Le bilan de puissance du rotor est fondamental. La puissance transmise \(P_{\text{tr}}\) se divise en deux : une partie est dissipée en chaleur (\(P_{\text{JR}}\)) et l'autre est convertie en puissance mécanique brute (\(P_{\text{em}}\)). On démontre que \(P_{\text{JR}} = g \cdot P_{\text{tr}}\) et \(P_{\text{em}} = (1-g) \cdot P_{\text{tr}}\). La somme des deux redonne bien \(P_{\text{tr}}\). Le glissement agit donc comme un "distributeur" de la puissance transmise.
Remarque Pédagogique (le conseil du professeur)
Imaginez un embrayage de voiture qui patine légèrement. La puissance venant du moteur est \(P_{\text{tr}}\). La puissance transmise aux roues est \(P_{\text{em}}\). La puissance perdue en chaleur dans l'embrayage est \(P_{\text{JR}}\). Le glissement du moteur est analogue au patinage de l'embrayage : plus ça patine (glissement élevé), plus ça chauffe (pertes Joule élevées).
Normes (la référence réglementaire)
La norme IEC 60034-2-1 spécifie les méthodes d'essai pour déterminer les pertes et le rendement des machines électriques tournantes. La séparation des pertes (stator, rotor, fer, mécanique) est une étape clé de ces essais normalisés.
Formule(s) (l'outil mathématique)
La puissance électromagnétique (\(P_{\text{em}}\)) est la puissance convertie en mouvement. Elle se calcule à partir de la puissance utile et des pertes mécaniques (contenues dans les pertes collectives).
La relation entre \(P_{\text{em}}\) et la puissance transmise \(P_{\text{tr}}\) est :
La relation fondamentale pour les pertes Joule rotor est :
Hypothèses (le cadre du calcul)
On suppose que le moteur fonctionne à son régime nominal stable, et que les pertes collectives mesurées sont constantes et valables pour ce point de fonctionnement.
Donnée(s) (les chiffres d'entrée)
- Puissance utile, \(P_{\text{u}} = 4000 \, \text{W}\)
- Pertes collectives, \(P_{\text{c}} = 200 \, \text{W}\)
- Glissement nominal, \(g_{\text{n}} = 0.04\) (du calcul Q1)
Astuces(Pour aller plus vite)
Une fois \(P_{\text{em}}\) calculée, on peut trouver \(P_{\text{JR}}\) rapidement sans calculer \(P_{\text{tr}}\) en utilisant la relation \(P_{\text{JR}} = P_{\text{em}} \cdot \frac{g}{1-g}\). Pour notre cas : \(4200 \cdot \frac{0.04}{0.96} = 175 \, \text{W}\). C'est une vérification utile.
Schéma (Avant les calculs)
Bilan de Puissance au Niveau du Rotor
Calcul(s) (l'application numérique)
1. Calcul de la puissance électromagnétique :
2. Calcul de la puissance transmise au rotor :
3. Calcul des pertes Joule rotoriques :
Schéma (Après les calculs)
Bilan de Puissance Rotorique Chiffré
Réflexions (l'interprétation du résultat)
Sur les 4375 W qui traversent l'entrefer, 175 W sont perdus en chaleur dans le rotor et les 4200 W restants sont convertis en puissance mécanique brute. Ces valeurs sont cohérentes. Les pertes rotoriques sont faibles par rapport à la puissance transmise, ce qui est attendu pour un moteur fonctionnant à son régime nominal.
Points de vigilance (les erreurs à éviter)
Ne pas confondre la puissance transmise \(P_{\text{tr}}\) et la puissance électromagnétique \(P_{\text{em}}\). \(P_{\text{tr}}\) est la puissance qui "entre" dans le rotor, tandis que \(P_{\text{em}}\) est la puissance mécanique qui en "sort", avant les pertes par frottement. L'une est toujours supérieure à l'autre.
Points à retenir (permettre a l'apprenant de maitriser la question)
- La puissance transmise au rotor est la puissance "disponible" pour la conversion électromécanique.
- Les pertes Joule rotoriques sont directement proportionnelles au glissement : \(P_{\text{JR}} = g \cdot P_{\text{tr}}\).
- Un faible glissement implique de faibles pertes rotoriques.
Le saviez-vous ? (la culture de l'ingénieur)
Dans les anciens moteurs à rotor bobiné, on pouvait insérer des résistances dans le circuit du rotor pour augmenter le glissement et ainsi contrôler le couple de démarrage, une technique aujourd'hui remplacée par les variateurs de fréquence.
FAQ (pour lever les doutes)
Résultat Final (la conclusion chiffrée)
A vous de jouer(pour verifier la comprehension de l'etudiant parrapport a la question)
Si le moteur était plus chargé et que son glissement passait à 8% (g=0.08), quelles seraient les nouvelles pertes Joule rotor (en W) pour la même puissance utile ? (Indice: recalculez Pem, Ptr puis Pjr)
Question 3 : Couple électromagnétique et couple utile
Principe (le concept physique)
Le couple est la "force de rotation" que le moteur produit. Le couple électromagnétique (\(T_{\text{em}}\)) est le couple total généré par les forces de Laplace dans le rotor. Ce couple n'est pas entièrement disponible sur l'arbre de sortie, car une petite partie est utilisée pour vaincre les frottements et la ventilation (pertes mécaniques). Ce qui reste est le couple utile (\(T_{\text{u}}\)), celui qui entraîne la charge.
Mini-Cours (approfondissement théorique)
La formule \(P = T \cdot \Omega\) est universelle pour tout système en rotation. Elle montre que pour une puissance donnée, un système rapide aura un faible couple (ex: un moteur de F1) et un système lent aura un couple élevé (ex: un treuil de levage). Pour les moteurs asynchrones, il est souvent plus simple et précis de calculer le couple électromagnétique avec la relation \(T_{\text{em}} = P_{\text{tr}} / \Omega_{\text{s}}\), car elle ne dépend pas du glissement.
Remarque Pédagogique (le conseil du professeur)
Pensez à votre vélo. La puissance que vos jambes développent est \(P_{\text{em}}\). Le couple que vous appliquez sur les pédales est \(T_{\text{em}}\). Une partie de ce couple est perdue dans les frottements de la chaîne et des roulements. Le couple qui fait réellement tourner la roue arrière est le couple utile \(T_{\text{u}}\).
Normes (la référence réglementaire)
La norme IEC 60034-12 définit les caractéristiques de démarrage des moteurs à induction, notamment le couple de démarrage (à l'arrêt) et le couple maximal, qui sont des données cruciales pour le dimensionnement des applications.
Formule(s) (l'outil mathématique)
La relation fondamentale entre puissance, couple et vitesse angulaire (\(\Omega\)) est \(P = T \cdot \Omega\). On doit d'abord convertir les vitesses de tr/min en rad/s :
Couple électromagnétique :
Couple utile :
Hypothèses (le cadre du calcul)
On suppose que le moteur fonctionne en régime permanent. Les calculs ne sont pas valables pendant les phases de démarrage où la vitesse et le couple varient rapidement.
Donnée(s) (les chiffres d'entrée)
- Puissance électromagnétique, \(P_{\text{em}} = 4200 \, \text{W}\)
- Puissance transmise, \(P_{\text{tr}} = 4375 \, \text{W}\)
- Puissance utile, \(P_{\text{u}} = 4000 \, \text{W}\)
- Vitesse de synchronisme, \(N_{\text{s}} = 1500 \, \text{tr/min}\)
- Vitesse nominale, \(N_{\text{n}} = 1440 \, \text{tr/min}\)
Astuces(Pour aller plus vite)
La formule \(T_{\text{em}} = P_{\text{tr}} / \Omega_{\text{s}}\) est très puissante. Elle montre que le couple électromagnétique est directement proportionnel à la puissance transmise au rotor. C'est la base de la commande vectorielle utilisée dans les variateurs de fréquence modernes.
Schéma (Avant les calculs)
Couples sur l'Arbre Moteur
Calcul(s) (l'application numérique)
1. Conversion des vitesses en rad/s :
2. Calcul du couple électromagnétique (plus précis avec \(P_{\text{tr}}/\Omega_{\text{s}}\)) :
3. Calcul du couple utile :
Schéma (Après les calculs)
Couples Calculés sur l'Arbre Moteur
Réflexions (l'interprétation du résultat)
Le couple utile est légèrement inférieur au couple électromagnétique, la différence (27.85 - 26.52 = 1.33 N·m) correspondant au "couple de pertes" dû aux frottements. Ces valeurs sont typiques pour un moteur de cette puissance. Le couple est la grandeur la plus importante pour savoir si le moteur peut démarrer et entraîner une charge donnée.
Points de vigilance (les erreurs à éviter)
L'erreur la plus grave et la plus fréquente est d'oublier de convertir la vitesse de rotation de tr/min en rad/s avant de calculer le couple. Utiliser \(N\) au lieu de \(\Omega\) dans la formule \(P/N\) donnera un résultat complètement faux, avec un facteur d'erreur de \(60/2\pi \approx 9.55\).
Points à retenir (permettre a l'apprenant de maitriser la question)
- Le couple est une force de rotation (en N·m).
- La puissance est le produit du couple par la vitesse angulaire (\(P = T \cdot \Omega\)).
- Le couple utile est toujours inférieur au couple électromagnétique à cause des pertes mécaniques.
Le saviez-vous ? (la culture de l'ingénieur)
Le couple de démarrage d'un moteur asynchrone est souvent 1.5 à 2.5 fois son couple nominal. Son couple maximal, atteint à un glissement plus élevé, peut même atteindre 2 à 3.5 fois le couple nominal. C'est cette robustesse qui le rend si populaire.
FAQ (pour lever les doutes)
Résultat Final (la conclusion chiffrée)
A vous de jouer(pour verifier la comprehension de l'etudiant parrapport a la question)
Si un autre moteur a une puissance utile de 4 kW mais tourne à 2880 tr/min, son couple utile sera-t-il plus grand ou plus petit ? Calculez-le (en N·m).
Question 4 : Puissance absorbée et rendement
Principe (le concept physique)
Le rendement (\(\eta\)) est le critère ultime de performance d'un moteur. Il mesure sa capacité à convertir l'énergie électrique qu'il "absorbe" du réseau (\(P_{\text{a}}\)) en énergie mécanique utile sur son arbre (\(P_{\text{u}}\)). Un rendement élevé signifie que peu d'énergie est gaspillée en chaleur (pertes). Pour le calculer, il faut faire le bilan de toutes les puissances : la puissance utile en sortie divisée par la puissance absorbée en entrée.
Mini-Cours (approfondissement théorique)
Le bilan de puissance complet est la clé. \(P_{\text{a}} = P_{\text{u}} + \sum{\text{Pertes}}\). Les pertes se décomposent en : pertes Joule stator (\(P_{\text{JS}}\)), pertes Joule rotor (\(P_{\text{JR}}\)), pertes fer (\(P_{\text{fer}}\)) et pertes mécaniques (\(P_{\text{meca}}\)). Le rendement est donc \(\eta = P_{\text{u}} / (P_{\text{u}} + P_{\text{JS}} + P_{\text{JR}} + P_{\text{fer}} + P_{\text{meca}})\). Chaque watt de perte réduit le rendement et augmente la facture d'électricité.
Remarque Pédagogique (le conseil du professeur)
Considérez le moteur comme un "péage énergétique". Pour obtenir 4000 W de travail utile, vous devez "payer" 4625 W au réseau électrique. La différence, 625 W, est la "taxe" prélevée par le moteur sous forme de chaleur pour son propre fonctionnement. Un moteur à haut rendement est un péage avec une taxe plus faible !
Normes (la référence réglementaire)
La norme internationale IEC 60034-30-1 définit les classes de rendement pour les moteurs (IE1, IE2, IE3, IE4, IE5). Les réglementations dans de nombreux pays, notamment en Europe, imposent des niveaux de rendement minimum (par ex. IE3 ou IE4) pour les nouveaux moteurs vendus, afin de réduire la consommation d'énergie globale.
Formule(s) (l'outil mathématique)
La puissance absorbée est la somme de la puissance utile et de toutes les pertes :
Le rendement est le rapport de la puissance de sortie sur la puissance d'entrée :
Hypothèses (le cadre du calcul)
On suppose que les valeurs de pertes fournies (Joule stator et collectives) sont précises et correspondent au point de fonctionnement nominal à température stabilisée.
Donnée(s) (les chiffres d'entrée)
- Puissance utile, \(P_{\text{u}} = 4000 \, \text{W}\)
- Pertes Joule statoriques, \(P_{\text{JS}} = 250 \, \text{W}\)
- Pertes Joule rotoriques, \(P_{\text{JR}} = 175 \, \text{W}\) (du calcul Q2)
- Pertes collectives, \(P_{\text{c}} = 200 \, \text{W}\)
Astuces(Pour aller plus vite)
Le rendement est toujours inférieur à 1 (ou 100%). Si votre calcul donne une valeur supérieure, vous avez probablement inversé \(P_{\text{u}}\) et \(P_{\text{a}}\) ou oublié une catégorie de pertes dans le calcul de la puissance absorbée.
Schéma (Avant les calculs)
Diagramme de Sankey (Flux de Puissance)
Calcul(s) (l'application numérique)
1. Calcul de la puissance absorbée totale :
2. Calcul du rendement :
Le rendement nominal est donc d'environ 86.5%.
Schéma (Après les calculs)
Diagramme de Sankey Chiffré
Réflexions (l'interprétation du résultat)
Un rendement de 86.5% est une valeur correcte pour un moteur de 4 kW. Les moteurs de plus grande puissance ont généralement de meilleurs rendements (pouvant dépasser 95%). Ce calcul montre que pour fournir 4000 W de puissance mécanique, le moteur consomme 4625 W d'électricité, les 625 W de différence étant dissipés en chaleur.
Points de vigilance (les erreurs à éviter)
Attention à bien sommer TOUTES les pertes. Une erreur commune est d'oublier une des composantes (souvent les pertes collectives). Le bilan de puissance doit être complet pour que le calcul du rendement soit exact.
Points à retenir (permettre a l'apprenant de maitriser la question)
- Le rendement est le rapport de la puissance utile sur la puissance absorbée.
- La puissance absorbée est la somme de la puissance utile et de TOUTES les pertes.
- Un bon rendement est crucial pour limiter la consommation d'énergie et l'échauffement du moteur.
Le saviez-vous ? (la culture de l'ingénieur)
On estime que les moteurs électriques représentent plus de 40% de la consommation mondiale d'électricité. Une augmentation de seulement 1% du rendement moyen de tous les moteurs en service permettrait d'économiser l'équivalent de la production de plusieurs centrales nucléaires.
FAQ (pour lever les doutes)
Résultat Final (la conclusion chiffrée)
A vous de jouer(pour verifier la comprehension de l'etudiant parrapport a la question)
Si on améliorait le moteur en réduisant les pertes Joule statoriques à 200 W, quel serait le nouveau rendement en % ?
Outil Interactif : Caractéristique Couple-Vitesse
Modifiez les paramètres du moteur pour voir l'influence sur sa courbe de couple.
Paramètres d'Entrée
Points Clés de la Courbe
Le Saviez-Vous ?
Le moteur asynchrone a été inventé par Nikola Tesla en 1888. Son concept de "champ magnétique tournant" était si révolutionnaire qu'il est à la base de la quasi-totalité des réseaux de transport d'énergie électrique en courant alternatif (AC) que nous utilisons aujourd'hui. Cette invention a été un pilier de la seconde révolution industrielle.
Foire Aux Questions (FAQ)
Pourquoi le couple est-il nul à la vitesse de synchronisme ?
Si le rotor tournait exactement à la même vitesse que le champ magnétique (\(N_{\text{r}} = N_{\text{s}}\)), il n'y aurait plus de variation de flux magnétique à travers les barres du rotor. Selon la loi de Faraday, sans variation de flux, aucun courant n'est induit. Sans courant dans le rotor, aucune force de Laplace ne peut être créée, et le couple devient donc nul.
Peut-on faire varier la vitesse d'un moteur asynchrone ?
Oui. La méthode la plus moderne et efficace est d'utiliser un variateur de fréquence. Comme la vitesse de synchronisme dépend directement de la fréquence (\(N_{\text{s}} = 60f/p\)), en faisant varier la fréquence d'alimentation avec le variateur, on peut contrôler précisément la vitesse du moteur sur une large plage, tout en maintenant un bon couple et un bon rendement.
Quiz Final : Testez vos connaissances
1. Un moteur asynchrone est branché sur un réseau 60 Hz au lieu de 50 Hz. Sa vitesse de rotation va...
2. Si la charge mécanique sur l'arbre du moteur augmente, le glissement...
- Vitesse de Synchronisme (Ns)
- Vitesse de rotation du champ magnétique créé par le stator. Elle est fixée par la fréquence du réseau et le nombre de pôles du moteur.
- Glissement (g)
- Différence de vitesse relative entre le champ statorique et le rotor. C'est cette différence qui permet l'induction des courants dans le rotor et donc la création du couple moteur. g = (Ns - Nr) / Ns.
- Couple (T)
- Effort en rotation exercé par le moteur sur son arbre. C'est la capacité du moteur à entraîner une charge. Unité : Newton-mètre (N·m).
Calcul de la Vitesse et du Couple d’un Moteur
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